—Thérèse Gervonier, sa cousine et garde-malade. Voici deux semaines qu'elle nous a quittés. Mais je la rappellerai, vous avez raison, Yvonne ne doit pas demeurer seule un instant.»

Évidemment, il n'y a que trop sujet parfois de songer à l'argent. Nous n'étions pas riches, Yvonne et moi, au point de prendre sans compter une dame de compagnie. D'autre part, comment priver Thérèse du profit qu'elle eût trouvé ailleurs? Il est vrai que nous n'avions pas d'enfant—que nous n'en aurions plus jamais...

Je décidai d'envoyer aussitôt une dépêche à Thérèse, et remerciai vivement l'abbé.

Celui-ci toutefois ne partait pas encore. Il se leva, prit son chapeau, le tourna une fois entre ses doigts, et ajouta, la main déjà sur la porte:

—«Mme Simonin se trouvera bien d'avoir auprès d'elle une personne qui l'encourage à prier en toute confiance...»

Ah, bon! M. l'abbé Duregard désirait savoir si Thérèse était bonne chrétienne. Désir trop légitime... Ne l'avait-il donc pas distinguée à l'église? Je le rassurai en lui apprenant l'histoire de notre humble cousine, et sa vocation religieuse toujours contrariée. Nous nous quittâmes très bons amis.

Je montai quatre à quatre pour dire à Yvonne que nous allions décidément rappeler sa cousine. Je savais lui faire plaisir... Cependant, je dus attendre un peu, car elle était en prière. Je me tus. Je devins morne et froid, et vraiment je savais à peine pourquoi.