—«Tu es heureuse?»
Elle répliquait en riant: «Mais oui!» Et sans nul doute, c'était de bonne foi. Marie-Dorothée, marquise Gianelli, n'eût pas fait semblant d'être satisfaite, comme une petite bourgeoise.
Et cela dura des semaines, des mois. L'été fut triste et mouillé, les charmilles du Palais-Royal se dressaient sous la pluie, coquettes et solitaires, ou frissonnaient au vent d'un juillet sournois, qui déjà se préparait à l'automne. Marie voulut aller sur une plage pour quelque dix jours: je l'y suivis. Après quoi, elle gagna Pierrefonds: j'y fus à chaque instant.
Un beau jour d'août—le seul peut-être qui fut beau, cette saison, et je me rappelle encore le visage exalté, illuminé qu'avait Marie!—on me pria d'attendre un instant dans la villa. Marie arriva bientôt de la forêt, conduisant elle-même un cheval très ardent, attelé à sa voiture légère. Elle entra au salon, radieuse.
—«Ah! François!... J'ai dû sortir, je ne pouvais tenir en place, et j'ai fait atteler cette bête qui me fatigue: j'avais besoin de mouvement et d'efforts, pour me dépenser joyeusement, je suis trop contente... François, vous savez... il n'y a plus de doute, maintenant... Enfin!
—Mais quoi?
—Eh bien, mais je suis enceinte donc!»