Le lendemain, même consigne, le surlendemain pareillement. Trois jours, quatre jours se passèrent: Yvonne se cloîtrait. Le médecin me confia: «Ce n'est pas qu'elle ait grand'chose: tout son organisme se trouve comme surmené. Ne la contrariez pas. Elle fait une fièvre nerveuse, qui s'éteindra.»
A la sixième rebuffade, néanmoins, n'y tenant plus, je répliquai brutalement à Thérèse:
—«Assez, maintenant! Je suis chez moi, je pense, et j'entrerai.»
Or, Yvonne n'était point au lit, comme je croyais, mais étendue sur sa chaise longue, en peignoir: ses yeux marron avaient envahi tout son visage émacié, si bien qu'on les distinguait seuls, au premier abord, et qu'ils semblaient immenses, fixes et presque insoutenables.
A peine si j'eus le cœur de parler:
—«Yvonne... je ne t'ai pas revue, depuis... enfin, tu sais, depuis le jour... au Bois...»
Elle fronça douloureusement les sourcils:
—«Qui te parle de ce jour?... T'ai-je demandé la moindre explication?
—Je veux pourtant te la donner. C'est si simple... La marquise Gianelli est enceinte, elle aura revu malgré tout son poète...»