A peine peut-on dire

Que mon cœur est vivant comme au creux d'un lys bleu

Un papillon qui vire.

Ou bien encore :

Quand, dès l'aube, sonnant ses clochettes de fleurs,

La mauve campanule

M'appelle dans les bois et met sa bonne odeur

Sur mon mouchoir de tulle.

Notre jeune homme thé ne se dit point qu'un papillon ne peut pas davantage virer dans un lys, celui-ci fût-il bleu, qu'une campanule aller mettre de l'odeur sur un mouchoir, même de tulle ; que l'image de la mouette et des récifs s'accorde au plus mal avec un cœur et des pointes de seins ; qu'au lieu de « flagellé des vagues », il fallait écrire « flagellé par les vagues » ; que « sans voir » est du charabia, et que si l'on peut, par exemple, « faire prendre aux enfants de la bouillie », on ne saurait pourtant « faire noyer aux flots quelque chose » ; qu'au surplus, la première strophe ci-dessus est un concetto indigne de l'abbé Cotin lui-même, et que les deux dernières ne signifient à peu près rien.

Mais à d'autres! Le bel esprit, qui sait tout sans avoir appris grand'chose, le bel esprit prétend aux sentiments les plus rares, au goût le plus fin. Aussi, pour bien démontrer l'un et faire état des autres, quelles complaisances attendries, quelles pensives extases devant la campanule qui « sonne ses clochettes », non moins que devant les hideux fantômes exposés chaque année au Salon par M. Rodin, non moins que…