—«Ratu qui parle!» se chuchota-t-on dans l'escouade, avec émerveillement.

—«Un chat qui parle, c'est pas naturel, reprit Le Kerkellen. Il est trop malin pour une bête. Il est plus rusé que la moitié d'un homme. C'est du demi-monde que ce chat-là.»

—«Marraine! Marraine!» interrompit la petite voix enrouée, la petite voix étrange de Ratu, toujours lançant son appel éploré vers l'horizon.

—«Quel chat! dit Le Kerkellen,—il trouve qu'on oublie trop tôt la pauvre bonne femme, qu'on ne voit déjà plus.»

—«Tu as raison, Ratu! dit tout bas Fiquet.—Que va-t-elle devenir, toute seule, déjà vieille, par les routes? Il me semble que c'est maman qui est partie, et pourtant je ne sais pas ce que c'est qu'une maman.»

—«Allons, les gars, rentrons au cantonnement, s'écria le caporal Bigeois, ça va être l'heure de l'appel!»