—«C'est égal! dit Bigeois, ils ont du toupet, à la 1re escouade, de se débarrasser sur nous de leur nègre!»

—«C'est sûrement un tirailleur Sénégalais qui s'est égaré, et qui erre de ligne en ligne, à la recherche de son détachement d'indigènes!»

—«Bah! le pauvre bonhomme! Gardons-le, puisque personne n'en veut. C'est un protégé de Ratu. C'est un noir comme lui, c'est pour cela qu'il nous l'a amené.»

Et Le Kerkellen prenant le chat dans ses bras, en approcha le petit museau de la figure du Sénégalais, qui, terrifié, n'osait bouger, pendant que Ratu lui flairait le bout du nez, avec circonspection, et un air un peu dégoûté.

—«N'aie donc pas peur, grand sauvage! Mimi ne te mangera pas! C'est un négro comme toi!»

—«Li sorcier! Li connaître chemins! Poilus là-bas pas bons; pas vouloir Colala. Ici, bons poilus, bien vouloir Colala!—Pauvre Colala! pas mangé beaucoup!»

—«C'est ça! Ratu nous amène du monde à dîner quand on l'envoie chercher de quoi bouffer!—Ça doit avoir toujours faim, un grand corps comme ça, et il comptera sur notre ordinaire!—Enfin, tu auras ta part aussi, puisque Ratu t'a invité!»