—«Voilà une idée splendide, Karl!» s'écrièrent Hans et Fritz en extase.
—«Seulement, on serait prisonniers!» ajouta Hans.
—«Prisonniers gros et rouges, à l'abri du 75, ce n'est pas être prisonniers!» répondit Karl.
—«C'est être heureux comme dans le ciel!» gazouilla Fritz.
—«Et puis nous serions sûrs de revoir un jour les buffets de nos salles à manger!»
—«Mais comment nous rendre? Vois-tu qu'on se trompe de côté, et qu'on retombe entre les pattes de Herr lieutenant Otto von Schlassenkornenflüth, qui nous brûlera la cervelle pour n'avoir pas rejoint plus tôt!... Il nous faudrait un guide pour trouver les Français!»
—«Le voilà!» dit Karl.
Il s'était approché de Ratu, qui, méfiant, trouvant bien osées les énormes mains qui prétendaient le toucher, avait sorti ses griffes et levé sa patte, regardant droit dans les yeux Karl interloqué.
Karl, pour ne pas mettre en fuite le chat, et tout son espoir avec lui, se contenta de lire la plaque d'aluminium:—«2e escouade, secteur 48» s'écria-t-il,—c'est écrit en français!—Puisqu'il est venu jusqu'ici, il saura bien retrouver ses patrons. Nous le suivrons quand il sortira, d'assez près pour ne pas le perdre, d'assez loin pour ne pas le gêner, et en nous dissimulant le plus possible!»