—«La fumée vient par ici: ça sent la soupe!»

—«La soupe? penses-tu?»

—«Oui, mon vieux, la soupe, et la bonne soupe aux poireaux et aux pommes de terre. Ça me donne faim!»

—«C'est qu'il y a un bout de temps qu'on n'a mangé chaud!»

—«Ça n'est pas naturel de sentir la soupe aux poireaux, là où il n'y a personne!—Allons voir!»

Ils s'approchèrent, et furent stupéfaits: la fumée miaulait.

—«Nous devenons fous!» dit Roblin.

—«Mais non, reprit Fiquet. Derrière ce tas de moellons, il y a des marches qui doivent descendre vers une cave. Et dans cette cave, il y a...»

—«Il y a un chat qui fait sa soupe! continua Roblin en riant.—Allons lui demander notre part!»

Les deux jeunes gens trouvèrent au bas des marches une porte délabrée, entrebâillée, qu'ils poussèrent: une brave femme était accroupie devant un petit feu, allumé entre trois pierres supportant une marmite, d'où s'échappait la bonne odeur. Un trou à la voûte laissait monter la fumée, et donnait un peu de jour à cet humble refuge. L'on y voyait un grabat dans un coin, quelques hardes, et, ronronnant, faisant le gros dos, se frottant aux angles, un chat noir, frémissant d'appétit, et glissant vers la marmite des regards attendris.