—«Oui, tu as raison, j'ai encore un compagnon!... Allons, finis, tu vas me jeter par terre!—C'est un pauvre chat qui est venu se réfugier auprès de moi; et l'on vit comme on peut, tous les deux, de ce qu'on trouve en glanant parmi les décombres.»

—«Il a faim!»

—«Et vous aussi, pas vrai, les petits gars? Je vais faire la part à trois.»

—«A quatre!»

—«Oh! moi, j'ai déjà déjeuné.—Asseyez-vous sur ces escabeaux: la soupe est cuite.»

En mangeant, l'on causa. Roblin, Fiquet avaient chacun leur écuelle fumante, le chat vidait sa soucoupe, et la bonne femme raclait le fond de la marmite, où ne restait plus rien, pour n'avoir pas l'air d'avoir donné son dîner. Elle considérait affectueusement ses invités, dont l'appétit la ravissait.

—«Tout de même, Madame, vous êtes bien bonne, et votre soupe aussi!» dit Fiquet.

—«Ça me fait plaisir qu'elle vous régale!»

—«Vous n'avez pas peur de rester ici, toute seule?»

—«Peur de qui, de quoi? Tout peut bien m'arriver, j'ai vu le pire.»