— J’ai senti que c’était bien… que je devais…
— Tu crois que c’est une inspiration divine ?
— Il n’y a que Dieu pour savoir.
— Tu ne me dis pas tout.
— Je vous dis ce que je peux dire.
— Si tu te confiais mieux à moi, je t’aimerais bien davantage.
— Je suis venue pour vous servir, sans condition.
Que répondre à de pareilles répliques ? Paul était d’essence trop subtile pour ne pas goûter cet air de tendre mystère que la jeune fille faisait flotter autour de lui.
Parfois aussi, la fugitive avait à se défendre contre Osterrek et le prince coalisés. Elle ne sentait pas Osterrek hostile ; elle avait raison. Le comte la trouvait intéressante et sympathique ; de plus, comme il aimait sincèrement son maître, il savait gré à Madeleine de le bien soigner, d’exercer sur lui une influence d’apaisement. Enfin, grâce à cette présence fidèle, il avait pu quitter, la nuit, le divan du petit salon et dormir dans son lit ; il pourrait même, au besoin, s’absenter durant quelques jours et vaquer, dans son pays, à quelques affaires urgentes demeurées en suspens.