Elle remit le pansement avec une preste dextérité, renoua les attaches de la chemise, releva le drap et la couverture. Il la laissait faire sans rien dire, mais ses yeux, qu’elle n’osait plus regarder, ne la quittaient pas. Quand elle eut fini, elle s’agenouilla de nouveau à son chevet, et, les lèvres sur sa main, elle répéta :
— Pardon !
Il lui frôla le cou et les cheveux.
— Je ne t’en veux pas, fit-il. Tout est arrivé par ma faute, et c’est toi qui dois me pardonner.
— Vous ne souffrez plus ? implora-t-elle.
— Non. Je vais me rendormir, je le sens ; je suis très las. Toi, va te reposer aussi…
Et comme s’il devinait une anxiété dans le silence et l’immobilité de sa gardienne :
— Va te reposer et ne crains rien… La sotte chose que j’ai faite tout à l’heure, je te donne ma parole que je ne la recommencerai pas. Et, tu sais ? Je ne vaux pas cher ; mais ma parole vaut mieux que moi. Va dormir.
Pleine de confiance, elle obéit. Elle-même fléchissait sous une extrême lassitude. Quelques minutes après, le sommeil les avait repris tous les deux. Mais il ne les séparait point.