Stéphanie restait impassible. Fut-ce le hasard, fut-ce un reste d’intérêt pour la fugitive, fut-ce une inspiration réfléchie qui suggéra à la Mère Supérieure de demander :

— Est-ce que… cette jeune fille… a sacrifié tous ses devoirs ?

— Je ne le crois pas, dit Osterrek, parlant selon sa pensée, et sans précautions, maintenant qu’il n’espérait plus rien de sa démarche.

Le visage de Stéphanie trahit une vive surprise. Elle laissa échapper cette exclamation :

— Elle ne l’aime donc pas ?

— Je n’ai pas dit qu’elle n’était pas conquise, reprit le comte, ni même prête à céder. Mais je ne crois pas que le fait soit accompli.

— Alors, quel est son but ? demanda la Supérieure.

Il y eut une revanche d’ironie contre ces deux femmes pieuses et cloîtrées, dans la réplique d’Osterrek :

— Avant tout, elle veut le convertir. Oui, le convertir, le faire catholique, le sauver. Mais qu’avez-vous, Madame ?

Il eut tout juste le temps de se jeter en avant pour retenir Stéphanie qui défaillait. Aidé de la Supérieure, il l’assit sur une chaise ; le parloir ne contenait pas de fauteuil. Stéphanie revenait à elle et suppliait qu’on n’allât chercher nul secours, pas même un verre d’eau. Ses joues se coloraient. Enfin elle se releva.