Et, comme pour justifier son refus, elle ajouta, retrouvant un peu de son autorité de grande dame :
— Je ne servirais à rien… Quand j’ai quitté le prince, je n’avais déjà plus aucune influence sur lui… A plus forte raison aujourd’hui. Qu’on me laisse en paix prier pour lui. C’est l’unique objet de ma vie.
Il lui sembla qu’elle lisait une approbation dans les bons yeux de la Supérieure. Mais celle-ci avait mission d’insister :
— Si pourtant, dit-elle, non sans malaise, le prince consentait à substituer à votre mariage orthodoxe, après une cassation à Rome, une union mixte, prévue, autorisée par l’Église ?
— Sa femme ?… Jamais !… Jamais ! s’écria Stéphanie.
Et, d’instinct, elle se serra contre la religieuse.
Alors celle-ci dit fermement :
— Ma fille, il sera fait selon votre désir.
Osterrek n’entendit pas cet arrêt sans étonnement. Tout à l’heure, il avait cru Stéphanie troublée par l’idée d’un Paul assagi, affaibli, plus humain. Il dissimula son dépit.
— Il ne me reste qu’à m’excuser. J’ai agi dans l’intérêt de Monseigneur, de sa famille et de mon pays. Les choses suivront donc leur cours… qui n’ira pas sans scandale.