Madeleine médita un instant, puis répondit :

— Nous avons été deux vases d’argile dans la main du potier. Et, comme dit l’Apôtre, que sommes-nous pour juger ce qu’il a fait de nous ?

Stéphanie baissa la tête. La tentation de révolte luttait contre l’effort de se soumettre. Alors, pour la première fois — était-ce l’influence toute proche de celle qui l’avait initiée à la vie mystique ? — elle crut entendre une voix intérieure qui lui disait : « Ne comprends-tu pas que cette humiliation paye ton rachat ?… » Et comme si cette voix avait été entendue de l’initiatrice, celle-ci lui dit :

— Si vous n’aviez point porté votre repentir au couvent, serais-je venue jamais ici ?

— C’est vrai, fit Stéphanie, relevant le front.

Un élan de tendresse la remua vers cette petite servante de Dieu qui trouvait pour elle le verbe de consolation.

— Il faut que je parte, dit-elle. On m’attend là-bas… J’ai hâte que la porte se referme sur moi pour toujours…

Et, saisissant les mains de sa compagne, elle ajouta passionnément :

— Ne me laisse pas partir seule !

Madeleine hocha le front :