Elle la retrouva assise à la même place, immobile. Elle s’assit en face d’elle.

— Nous avons prié près d’une heure, fit-elle. Maintenant nous comprendrons ce qu’il faut faire.

— Je n’ai pas prié, objecta Stéphanie.

— Vous le croyez. Vous vous rendrez compte tout à l’heure que vous avez prié…

« Je me sens un peu hébétée, voilà tout, pensa la comtesse… Et c’est une sensation qui ne m’est pas nouvelle non plus. S’échapper de soi-même, ne plus penser, ne plus vouloir… cela ne manque pas de charme. Mais cela se paye, après ! »

Avait-elle dit cela tout haut, sans s’en rendre compte ? Dans l’état où elle était, ce n’était pas impossible. Le certain, c’est que la réponse de Madeleine s’adapta exactement, une fois de plus :

— Non ! vous n’avez rien à craindre. La prière, comme nous l’avons faite, ne vous brise pas, au contraire. Vous verrez !

Mais Stéphanie, en reprenant possession d’elle-même, se sentait nerveuse et hostile.

— Pour le moment, fit-elle, je n’ai qu’une envie : dormir.

Madeleine ne répondit pas : un flux de tristesse se répandit sur son visage, et ses paupières se gonflèrent de larmes. Mais déjà Stéphanie s’était jetée contre elle et la serrait contre son cœur en balbutiant :