— Elle n’a pas voulu la supporter chez elle.

— Mais non… Un caprice de femme inexplicable. Elle la supportait très bien, très bien, tu m’entends, puisque… Non, je me suis juré de ne jamais rien raconter sur elle.

Il vida son verre d’un trait, médita. Osterrek fumait en silence. Paul reprit :

— Mais tu ne dis rien. Raconte ! Et raconte brièvement. Les histoires de cette pétaudière de Cour m’attristent, m’énervent, et après on parlera d’autre chose. Et puis, tu sais, old chap, je suis content de revoir ta figure de bandit britannique, et je te remercie d’être venu me renseigner. Allons, parle. Je te donne cent mots pour tout raconter, la Cour et la comtesse.

Osterrek se recueillit quelques secondes.

— Voilà, dit-il. D’abord la comtesse. Elle s’est retirée dans son pays, dans un couvent.

— Un couvent ?

— Oui, presque à la frontière française, le couvent de la Sainte Quarantaine, une espèce de béguinage supérieur, et elle y fait une retraite.

— Pour devenir religieuse ?

— On ne sait pas. Il n’est pas aussi facile de connaître ce qui se passe dans un couvent que dans une Cour royale ou dans un palace-hôtel. Une porte s’est fermée sur elle le 10 du mois dernier et depuis, rien. Elle ne reçoit aucune lettre, ou du moins ne répond pas.