Osterrek acquiesça.

— Le plus grand secret sur cette délibération a été juré ; aussi, le soir même, tout le monde savait, même en ville, que tu avais écrit une lettre de renonciation à la succession du Roi, qu’on la tiendrait secrète et qu’on t’enverrait un émissaire pour te faire revenir sur cette imprudente décision. La princesse Marie serait, d’autre part, déléguée auprès de ta femme pour la faire sortir du couvent et la rapprocher de toi.

— Ces gens-là sont toqués, ma parole, grommela le prince.

— Je n’ai pas besoin de te dire que ton neveu Charles-Henri a soutenu que ces démarches étaient superflues et que tu ne céderais pas.

— Parbleu ! Ça fait son affaire. C’est même la seule chose qui me dégoûte dans le parti que j’ai pris.

— Seul, le Roi a dit des paroles conciliantes sur ton compte. Il paraissait sincèrement affecté.

— Pauvre papa ! C’est le meilleur de la bande, et cela me chagrine de lui causer des embêtements. Et ma mère ?

— De glace.

— Une mère de glace, ironisa le prince.

— Oh ! Paul, fit Osterrek d’un ton de reproche… Ta façon d’être avec les femmes la bouleverse. « Mes entrailles le renient », a-t-elle dit à la princesse Marie, qui va répétant cela comme un mot historique.