Les yeux du prince eurent cet étrange regard de faune qui mettait les femmes en émoi. Osterrek répliqua :

— Dans ces conditions, je m’en charge.

D’une voix dont il ne put dissimuler la fêlure, Paul murmura :

— Tâche que je la rencontre aujourd’hui. Comme argent, bien entendu, ce qu’il faudra.

Osterrek parla à mi-voix comme pour lui seul :

— Aujourd’hui… c’est trop court. Mais demain, veux-tu ? Il faudra que j’éloigne le mari, s’il n’est pas homme à s’arranger de l’affaire : je dois donc d’abord faire sa connaissance. Je tâcherai de l’emmener hors de l’hôtel. En arrivant tout à l’heure, j’ai repéré à cet étage un appartement avec un petit salon, tout au bout du corridor, numéro 14. Je vais le prendre pour moi, et je te donnerai la clef. Quelle heure te conviendrait ?

Pâle de désir, le prince dit :

— L’heure du thé serait la meilleure. Si demain est un jour comme celui-ci, tout l’hôtel sera dehors, terrasse ou plage.

— Oui… demain, vers cinq heures, murmura Osterrek, qui depuis un moment regardait avec attention le rideau interposé entre la chambre où il était et celle de Lody.

— Qu’est-ce qui te préoccupe ? demanda le prince.