Il fallait s'approcher pourtant, parler à Maurice. Elle implora Dieu, d'une courte prière.

Elle vint s'asseoir à son côté: lui, aussitôt, tendit ses bras, voulut la serrer, dévoré par le pressentiment. Et de fait, elle se révolta, recula en balbutiant:

—Voyons, Maurice, soyez sage!

Il recula à son tour, soudain figé, glacé par cette parole tellement imprévue après les complaisances que les semaines précédentes avaient peu à peu consenties. Ses prunelles se dilatèrent, pâlirent; les mains posées à plat sur le canapé, il sonda du regard les yeux de Julie. Elle se troublait déjà; elle s'effrayait à le voir si bouleversé, avant l'aveu... Elle implorait une inspiration, des mots en même temps fermes et tendres, pour lui dire ce qu'il fallait sans trop le torturer. Mais Maurice ne lui en laissa pas le temps.

—Il y a quelque chose, fit-il. Qu'est-ce qu'il y a?... Oh! je m'en étais douté tout de suite.

Et comme, montrant le groupe immobile de Hélo et de M. Surgère, Julie invitait le jeune homme à se calmer, il ajouta avec un geste qui signifiait l'indifférence:

—J'en étais sûr.

Vous avez été rue de Turin, aujourd'hui. Et ce prud'homme d'abbé Huguet vous a tourné la tête. Ah! comme vous m'aimez mal!...

L'entre-vision du vide qui se creuserait dans sa vie, si la tendresse de cette femme l'abandonnait, l'effara. Il reprit, replaçant câlinement son front sur le sein de Mme Surgère: