—Mais... rien!

—Parle! parle tout de suite, j'aime mieux cela...

Et alors, sur ce canapé encombré de coussins où tant de fois ils s'étaient abattus, comme deux colombes unies, aux meilleures journées,—ils avaient mêlé leurs larmes, avoué leur détresse dans des sanglots; Julie, la première, avait proféré le terrible mot:

—Tu pars?

Elle l'avait deviné, ce départ, elle le sentait dans l'air, depuis des jours. Elle savait bien, connaissant le faible cœur de Maurice, qu'il préluderait ainsi à la séparation définitive, par une absence annoncée courte, puis prolongée; et tout de même, le coup était si douloureux qu'elle voulait douter.

—Tu pars?

—Le médecin m'a ordonné les eaux de Hombourg...

—Tu pars! tu pars!

Ces sanglots, cette effroyable désolation de l'être qu'on chérit!... Et cette désolation, en être la cause!... Elle pleurait, la chère aimée, celle dont il avait confisqué la vie, qui ne vivait plus que pour lui seul! Elle pleurait, elle souffrait, et c'était par lui! Sa résolution, un instant, chancela.

—Si tu veux... Je ne partirai pas... Et puis, du reste, je ne pars pas pour toujours... je ne t'abandonne pas... Je te jure que bientôt je reviendrai! Je t'aime... Je t'aime. Seulement, vois-tu... j'ai une de ces crises que tu connais, comme quand j'ai voyagé dans l'Aveyron... Ne nous sommes-nous pas mieux aimés après? Paris m'excède... Il faut que je parte. Mais je t'aime, je t'aime!...