Julien, hanté par son unique souci, demanda:
-- Alors... nous nous verrons ici ? ou bien faut-il que je cherche un autre endroit ?
-- Quel enfant ! interrompit Maud en lui tendant à baiser son poignet nu. On ne peut pas vous parler sérieusement. Vous ne m'écoutez pas...
Et, après un temps de silence où elle ne regarda pas les yeux de son amant, elle ajouta, d'un ton lassé qui ne lui était pas habituel:
-- Soyez bon pour moi ! Si vous saviez comme je suis nerveuse aujourd'hui !
Elle appuya sa tête sur la poitrine de Julien et, rendue plus femme, plus caressante par la pensée du chagrin qu'elle allait causer à cet ami irrésolu, elle entr'ouvrit la soie de la chemise et posa ses lèvres sur la place du coeur. Ils s'alanguissaient tous les deux.
-- Viens ! implora-t-il.
-- Non. Ce matin, je suis ici pour parler de choses graves. Vous devinez ce que c'est ? J'ai autorisé M. de Chantel à venir, cette après-midi, demander ma main.
-- Ah ! fit Julien.
Il s'étonna de ne pas souffrir, et Maud aussi fut surprise de le voir si calme. Elle poursuivit: