-- Maud !... voyons, dit Suberceaux, plus brisé qu'elle par cette lutte... c'est de la folie... pourquoi ?... pourquoi pas ?...
Il n'osait l'approcher, hypnotisé par ce filet sanglant qui filtrait sur la peau blanche, et bientôt s'étalait sur le dos de la main.
Maud, sans le quitter des yeux, ouvrit la fenêtre:
-- Je te jure, dit-elle, la voix coupée par le halètement de sa respirations... que si... tu m'approches, je saute par là... Si je me tue... tant pis... Mais je ne me tuerai pas, ce n'est pas haut... je t'échapperai, je ne te reverrai plus... jamais... jamais... je te le jure.
Il fit tout de même un pas vers elle, et aussitôt râla un cri de détresse: elle s'élançait...
-- Maud !
-- Me crois-tu, à présent ? lui dit-elle au bord du vide.
Il recula; il s'effondra sur le canapé, le front dans ses mains. Il était vaincu, décidément; il l'aimait trop. Elle était sa maîtresse effroyablement, il devait obéir... Des larmes, pareilles à celles que verse une femme qui vient d'être sauvée d'un péril, jaillirent abondamment de ses yeux.
Lorsqu'il osa relever la tête, Maud était debout près de lui, calme. Cette fois encore, elle lui posa sa main sur le front, pour lui rendre la paix, la main adorable qu'il avait blessée.
-- Maud... Maud chérie !...