-- Maud est absente ?
-- Non, je l'ai aperçue tout à l'heure à la fenêtre de sa chambre.
-- J'aurai à lui parler sérieusement avant le déjeuner.
-- Encore jaloux ? Vous êtes incorrigible, gronda doucement Hector.
Que de fois, depuis un mois, il avait reçu les confidences de Maxime, assailli par les délations obscures que Maud pressentait !
-- Au contraire, répliqua Maxime, j'ai gravement offensé Mlle de Rouvre et je veux m'excuser auprès d'elle.
-- Vous êtes décidément un fiancé rempli d'imprévu. Eh bien ! mais, sortons... attendons-là dans le vestibule... Maud sera forcée de passer devant nous lorsqu'elle descendra.
Ils la rencontrèrent sur le seuil même, attardée à fixer au ruban de sa ceinture un pétunia double, bizarre de forme et de couleur comme une orchidée. Hector, point trop rassuré sur l'issue de l'entretien, s'efforça de plaisanter:
-- Voici monsieur, chère miss Maud, qui souhaite vous "prendre une conversation", comme disent les gazettes... Le petit salon est vide et peut servir à l'interview, n'est-ce pas ?
Il le leur ouvrit avec une affectation de politesse et de sérieux, s'effaça pour les laisser passer et s'esquiva.