-- Reste-t-il des débris des vieilles défenses ? demanda Paul.
-- Vous verrez... De grosses pierres méconnaissables. On ne sait plus.
Il parlait avec sérénité, sans joie, sans gaieté, ne riant jamais, rentré dans sa vie avec une telle volonté de silence sur le passé, qu'elle imposait la discrétion à ceux mêmes de sa famille. Jeanne, repartie en avant avec Paul Le Tessier, le lui avouait ingénument; ni elle ni sa mère n'avaient osé l'interroger, ni même lui faire entendre qu'elles devinaient les causes de son grand chagrin.
-- Nous avons quitté Paris désespérées; Maxime ne nous expliquait rien. C'est notre chef de famille, n'est-il pas vrai ? Il nous a commandé de rentrer à Vézeris, nous lui avons obéi. Oh ! nous avons passé de tristes moments... Comment cette femme a-t-elle pu faire souffrir un homme tel que Maxime, et qui l'aimait tant !
Après un silence, elle demanda:
-- Est-ce qu'elle est mariée ?...
-- Non, répliqua Le Tessier... Peut-être un jour se mariera-t-elle. Mais pour le moment, elle est absente de Paris et elle n'est plus de la société. Il ne faut plus parler d'elle.
-- Ah ! fit Jeanne, sans rougir, car elle n'avait pas nettement compris.
Pourtant, ayant réfléchi quelques instants, elle ajouta:
-- Pauvre femme !