-- Brava ! brava !... Tout à fait bien !
-- Ah ! Mme Ucelli, dit Maud.
L'opulente personne, dont le masque romain, les yeux noirs s'harmonisaient assez mal avec des cheveux blondis artificiellement, ouvrit le bras à Mlle de Rouvre et la baisa fortement sur le cou. Mme Ucelli n'était pas seule; une femme, jeune fille ou jeune femme, brune et mince, d'une laideur étrange, l'accompagnait.
-- Mlle Cécile Ambre, une bonne amie de la duchesse et de moi... n'est-ce pas, sciasciona mia, ajouta-t-elle en tapant amicalement sur les joues de la jeune fille. Elle est à Paris pour quelques semaines, chez moi. Je me suis permis de vous l'amener. Elle chante les chansons fin de siècle en perfection. A la Spezzia elle fait a joie de la duchesse et de sa cortina.
Maud tendit la main:
-- Soyez la bienvenue, mademoiselle.
-- Mais vous, ma belle, reprit Mme Ucelli, vous avez decouvert une grande artiste... Oui, mademoiselle, poursuivit-elle en s'adressant à Etiennette qui cachait le bas de sa figure derrière son manchon de plumes... Vous avez une voix de pur soprano, la voix de nos castrats d'autrefois. E quanto è carina ! N'est-ce pas, Cécile ? On dirait un angiolo de Sienne.
Mlle Ambre dit simplement:
-- Oui, madame est très jolie et chante très bien.
Maud présenta: