Les deux visiteuses, dans le grand salon, palpaient la soie légère des rideaux de vitrage.
-- Reviens me voir souvent, fit Maud, ce sera la meilleure façon de m'être agréable... Je n'ai point de confidents, et j'ai parfois le coeur oppressé, va ! Et puis, ajouta-t-elle après un instant de réflexion, peut-être, moi aussi, te demanderai-je quelque chose. Pourrais-tu me recevoir chez toi... chez ta mère... mettre une pièce de l'appartement à ma disposition de temps en temps ?
-- Mais tout l'appartement si tu veux, chérie. D'autant que maman étant souffrante et ne bougeant guère de sa chaise longue, -- des rhumatismes au coeur, tu sais, -- je suis vraiment maîtresse de maison, maintenant, c'est moi qui mène tout.
-- C'est que, poursuivit Maud en domptant son hésitation et en affermissant sa voix, j'aurais besoin à mon tour d'y recevoir quelqu'un... quelqu'un que tu connais.
-- Julien ?
-- Cela t'ennuie ? Cela te compromet ?
-- Oh ! me compromettre, répliqua tristement Etiennette. Est-ce qu'on me compromet, moi ? Fais ce qui te plaira. La maison t'appartient.
-- Merci. Compte donc sur moi. C'est un petit traité d'alliance que nous signons, n'est-ce pas ? Tu verras que je ne suis pas une mauvaise amie.
Elles rejoignirent, les bras enlacés, Mme Ucelli et Mlle Ambre.
-- Excusez-moi, chère madame, fit Maud. Mlle Duroy, qui nous quitte, me donnait une commission...