-- D'Hector et de Paul, je crois. Paul, tu comprends, souhaite le plus possible se montrer avec moi dans des milieux convenables.

-- Alors ?... ce mariage ?

-- Mon Dieu... je crois que Paul commence à m'aimer assez pour y songer.

-- Bonne chance !

-- Bonne chance aussi, chérie !

Les deux amies s'embrassèrent. Maud redescendit vivement les trois étages et remonta dans le coupé qui partit assez vite, car la neige avait cessé de tomber et fondait rapidement en boue dans l'air adouci. Recognée à l'angle de la voiture, les mains dans son manchon, les pieds sur la boule chaude, Maud sentait effervescente en soi la douce fièvre du succès proche, et, sûre de l'avenir maintenant, elle laissait glisser sa pensée aux souvenirs de sa visite chez Julien, au rêve des futures entrevues dans la chambre discrète de Suzanne du Roy.

V

Maxime de Chantel, ayant posé sa canne dans le coin d'un compartiment pour y marquer sa place, redescendit sur le quai de la gare du Nord. Le train qui le menait à la station de Chamblais ne partait qu'à trois heures cinq, dans cinq minutes.

Maxime se mit à arpenter le quai de son pas militaire, tout en inspectant les wagons de première classe. Il avait espéré voyager avec les dames de Rouvre qui dînaient aussi à Chamblais.

Il ne les vis point; elles étaient parties dans la matinée. Le train, d'ailleurs, était presque vide, bien que la pureté du ciel, la tiédeur printanière qui brusquement succédait à la fonte des neiges, engageassent les Parisiens aux excursions de banlieue.