-- Si vous voulez ?... fit Maxime, montrant le bateau.
-- Oh ! oui, s'écria-t-elle... Allons-nous, là-bas...très loin, bien seuls...
Il sauta dans la yole, reçut Maud dans ses bras solides, la posa sur le banc de l'arrière aussi aisément qu'une enfant. Il s'assit en face d'elle, et la yole démarrée glissa sur l'étang, mue par cette pale qui ne faisait aucun bruit.
"Je l'adore, je l'adore, pensait Maxime, de nouveau conquis. Je ne veux pas qu'elle appartienne à un autre qu'à moi."
Bientôt ils eurent perdu de vue les futaies noyées de brume pâle. Maxime jeta la rame au fond du bateau; ils eussent pu se croire vraiment au plein milieu de la mer. Il dit à voix basse:
-- Je voudrais que cette heure n'eût point de fin, ou que cet étang nous engloutît tous les deux, mais que jamais personne ne vous vît plus.
Elle répondit, en fixant sur lui ses yeux dont elle savait le pouvoir magnétique:
-- Pourquoi doutez-vous de moi ?
Et à ces simples paroles, tant elles le bouleversèrent, il fut à ses pieds, baisant sa main qu'elle lui laissait prendre, balbutiant:
-- Pardon ! pardon !