«... Huit pages! je vous prie, monsieur, de m’excuser...»
Voilà, ma chère Françoise, une de ces lettres qui découragent les écrivains d’écrire des «Lettres de Femmes».
Pour ce qui est de cet autre grand sujet,—la religion,—je ne m’étonne pas que des lectrices me reprochent de ne l’avoir pas traité.
«... Pourquoi, me dit une mère, dans un programme si juste d’éducation omettre sciemment la place que doit tenir l’élément religieux?»
Trois jeunes filles, qui signent côte à côte: Yvonne, Louise, Marguerite, m’écrivent:
«... L’éducation de la jeune fille moderne, sérieuse et instruite, nullement asservie aux anciennes formules et pourtant avertie des périls d’un excessif affranchissement, nous paraît idéale et absolument complète, en ajoutant toutefois à l’ensemble de ses perfections l’idée religieuse comme motif dominant.»
Une des rares lettres non signées professe:
«Que vos lettres soient lues dans tous pays, c’est là mon grand désir. Avec cette saine morale, et en plus la grande pensée de Dieu, notre créateur, il y aura moins de ménages malheureux, beaucoup moins de souffrances morales et matérielles pour les femmes. Je ne dis rien des hommes, parce que ceux-là trouvent toujours le moyen de souffrir gaîment.»
Ainsi parlent quelques lectrices; mais une autre leur répond, en me répondant:
«Un peu plus âgée que Françoise, mais jeune fille encore, même pour ceux qui mettent la limite à vingt-cinq ans, j’ai reçu l’éducation et l’instruction dans un couvent de religieuses cloîtrées où les idées sont absolument traditionnelles...