PARIS
ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR
23-33, passage Choiseul, 23-33
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CE LIVRE
10 exemplaires numérotés sur papier de Chine.
LETTRE LIMINAIRE
Avril 1902
Vous trouverez ici réunies, Françoise, les lettres que je vous écrivis de quinzaine en quinzaine durant votre dernière année de pension.
Les plus récentes de ces lettres sont presque d’hier, tandis qu’en relisant les premières j’avais la sensation de remuer d’assez vieilles cendres. C’est tout juste si elles ne sont pas du siècle dernier: vous les reçûtes quand l’Exposition illustrait à Paris le début du XXe siècle. Et l’Exposition, n’est-il pas vrai, ma jolie nièce, cela nous paraît déjà très loin, très loin?...
Il m’eût été facile, au moyen d’un léger maquillage, d’effacer ces traces d’actualité, devenues en si peu de mois des marques d’âge. Les vérités que j’essayais de vous exposer, les conseils que je vous donnais alors sont, en somme, de tous les temps. Chaque fois qu’il s’est rencontré par le monde un oncle un peu sermonneur et une jeune nièce assez patiente pour l’écouter, celle-ci a pu recueillir les mêmes propos. On les eût appelés, suivant l’époque: «Lettres à Eucharis» ou: «Lettres à Blandine», ou plus près de nous, il y a quelque cent ans: «Lettres à Sylvie».
Mais, de même que votre nom charmant de Françoise, si national, évoque un certain pays et une certaine époque, de même les conseils contenus dans les pages qui suivent, utiles au besoin pour Eucharis, Blandine ou Sylvie, intéressent tout de même plus spécialement une jeune fille française achevant ses études au début du XXe siècle.