Si d’ailleurs Françoise II doit être tout simplement épouse et mère à la mode d’aujourd’hui, c’est bien le cas de ne point spécialiser l’enseignement qu’on lui donnera entre dix et dix-sept ans! A ceux, à celles qui ne recevront jamais de culture supérieure, la culture générale est d’autant plus indispensable. Sans rien préjuger de l’avenir, il nous faut donc faire de Françoise II ce que vous-même, Françoise, souhaitiez être à la fin de vos études secondaires: une femme ayant des clartés de tout, des clartés, vous entendez bien, et non des obscurités ou des pénombres.

Résumons avec une simplicité qui exclut tout pédantisme les conclusions de cette lettre:

I. L’enseignement secondaire est une éducation et une tutelle.

II. Il a pour objet la culture générale.

Comment diriger cette tutelle éducatrice? Et comment doser les éléments, comment régler les procédés de cette culture générale? Mes prochaines lettres tâcheront de vous le dire.


X

Les gens qui se disent cultivés.—Deux expériences pour les ramener à la modestie.—On ne sait rien.—Pacte d’illusion entre le maître et l’élève.—Le vrai sens du mot «savoir».—Les clartés de tout.—Ce qu’on nous objecte.—Éloge du maître d’armes et de l’écuyer.—Gymnastique intellectuelle: la prétendue; la vraie.

Il y a des gens qui se disent cultivés, chère Françoise, et qui, suivant la formule d’un couplet célèbre, ne sont pas du tout cultivés. Ou plutôt, ayant subi une culture plus ou moins défectueuse, ils se contentent de ce réconfortant souvenir. J’ai connu un étudiant qui, durant un an, prit toutes ses inscriptions à la Faculté de droit de Paris; jamais il n’assista à un cours; jamais il n’ouvrit un livre; jamais il ne passa d’examen. Il dit aujourd’hui: «Quand je faisais mon droit...»