CHAPITRE II

LES PRÉOCCUPATIONS ÉGOÏSTES DE LA REINE

Du mois de décembre 1388 au mois d'août 1392, le royaume avait été gouverné par Charles VI, assisté des cinq conseillers qu'il s'était choisis: Bureau de la Rivière, Jean le Mercier, le connétable Olivier de Clisson, Jean de Montagu et le Bègue de Villaines[562], personnages de médiocre extraction que les Princes, évincés du pouvoir, avaient surnommés, par dérision, «les Marmousets[563]».

[562] Voy. Siméon Luce, La France pendant la guerre de Cent-Ans 2e série: Etude sur Perrette de la Rivière, p. 155-162.—H. Moranvillé, Étude sur la vie de Jean le Mercier, p. 119-150, L. Merlet, Jean de Montagu (Bibl. Ec. Chartes, année 1852, p. 257-261).

[563] Les Marmousets étaient de petites figures grotesques sculptées sur les murs et au portail des églises.

Dès les premiers jours de la maladie du Roi, (Août 1392), Philippe de Bourgogne prit en mains les rênes du gouvernement, avec le concours nominal des ducs de Berry et de Bourbon[564]; toute autorité fut refusée au duc d'Orléans, sous prétexte qu'il était trop jeune[565]; les Marmousets, furent destitués et dépouillés de leurs biens[566].

[564] Froissart, Chroniques..., liv. IV, ch. XXX, t. XIII, p. 102.

[565] Jarry, Vie politique de Louis d'Orléans, p. 96.

[566] Froissart..., t. XIII, p. 107-130.—Jarry..., p. 96-97.

Dans ce nouvel état de choses, aucune place ne fut réservée à Isabeau, aucune part de pouvoir ne lui fut concédée pour le présent.