[597] Pizançon, comm. de Chatuzange, cant. de Bourg-de-Péage, arr. de Valence, dép. de la Drôme.
Isabeau se plaignit que ses futures propriétés fussent situées à de trop grandes distances les unes des autres; et c'est sans doute pour faire droit à ses réclamations qu'un dernier article des lettres royales de juillet 1394 lui accorde la faculté d'échanger, après la mort de la reine Blanche, quelqu'une des châtellenies primitivement fixées contre le pays de Vernon-sur-Seine[598]; la richesse du sol normand lui était un sûr garant de la régularité des revenus.
[598] Vernon, ch.-l. de cant., arr. d'Évreux, dép. de l'Eure.
Dès lors, la Reine eut en ses coffres un livre où était consignée l'assiette de son douaire. Ce relevé avait été fait par l'un de ses clercs[599], suivant l'ordonnance du Trésorier François Chanteprime.
[599] Ce clerc s'appelait Perrin Beaujart. Le travail lui fut payé 10 livres, 16 sous parisis, le 16 septembre 1394. (Comptes de l'Argenterie de la Reine, premier Compte d'Hémon Raguier: communes choses.—Arch. Nat. KK 41, fº 65 rº.)
Mais si le Roi venait à mourir, peut-être que les Princes réclameraient, pour la tutelle des Enfants de France, une partie des revenus de la reine douairière? La prévoyante Isabeau demanda donc à Charles VI, et en obtint, (janvier 1397) des lettres où il était expressément ordonné que la Reine aurait pour elle-même vingt-cinq mille livres tournois de rente, nonobstant que «certaines des terres ou revenues attribuées au douaire aient été ou puissent être données pour la tutelle, garde et nourrissement de enfants de France[600]».
[600] Arch. Nat. J 360, pièce 7.
Il ne faut pas croire que le Roi, par cette déclaration, autorisait sa femme à entrer immédiatement en jouissance de son douaire, il confirmait seulement les lettres de 1394, en spécifiant que la Reine devenue veuve, serait personnellement rentée de vingt-cinq mille livres tournois.
L'année suivante, la reine Blanche mourait[601]; Isabeau s'intéressa aux opérations de l'importante succession, car elle expédia un message à Néauphle aux exécuteurs testamentaires[602]. Quand tout fut réglé, Charles VI ordonna que les terres, autrefois données à la reine Blanche, fussent remises en leur premier état pour retourner à leur ressort ordinaire, et que leurs recettes rentrassent dans les caisses des vicomtés dont elles dépendaient anciennement.
[601] La reine Blanche mourut le 8 octobre 1398 (le Père Anselme, Histoire Généalogique de la Maison de France..., t. I, p. 105).