[683] Ibid., fº 3 et 4.
[684] Jarry, Vie politique de Louis d'Orléans, p. 204.
[685] Arch. Nat. KK 45, fº 5 rº et 9 vº.
Au commencement de juin 1399, Isabeau, en résidence à l'hôtel Saint-Pol[686], apprend que la peste fait à Paris même d'assez nombreuses victimes[687]; aussitôt elle pense à soustraire ses enfants à la contagion: un de ses valets est envoyé à Melun et à Grèz[688] afin de s'enquérir si l'épidémie sévit ou non dans ces villes et les lieux environnants[689]. Le rapport ne fut pas favorable (28 juin) car, quelques jours après, un chevaucheur de l'écurie de la Reine est dépêché à Vernon pour y procéder à la même enquête: «et illec environ III et IIII lieues, pour ce que monseigneur le Dalphin et noz autres jeunes seigneurs et dames de France les enffans y doivent aler»[690]. Cette fois, pour plus de tranquillité, Isabeau exigeait des certificats des curés des villes. Remarquons aussi que le messager devait se rendre auprès du vidame du Laonnais, Jean de Montagu, pour lui rendre compte du résultat de sa mission et prendre son avis[691]. Les Enfants de France furent conduits à Vernon, sauf le dernier né dont la Reine ne se sépara qu'à la fin de juillet; on trouve, en effet, que, dans les derniers jours de ce mois, elle envoyait à Asnières, chez Madame de Dammartin, «emprunter sa littière pour mener monseigneur Jehan de France à Maule-sur-Mandre[692]».
[686] Ibid., fº 32.
[687] Au printemps de cette année, rapporte le Religieux de Saint-Denis, l'abondance excessive des pluies avait fait déborder les rivières; la Seine, grossie par ses affluents, avait inondé les campagnes riveraines depuis la quatrième semaine de mars jusqu'au milieu d'avril, pourrissant presque toutes les semences. Cependant les vieilles gens assuraient qu'ils avaient vu jadis une pareille inondation suivie d'une grande mortalité et ils redoutaient les mêmes malheurs. Leurs craintes se réalisèrent. «Une épidémie et un mal qui se manifestaient par des abcès affligèrent la Bourgogne, la Champagne, la Brie et tout le territoire de Meaux et de Paris, depuis la fin de mai.—Le nombre des morts était si grand que, pour ne point jeter l'épouvante parmi les vivants, on défendit à Paris de publier les noms de ceux qui succombaient et de faire pour eux les processions ordinaires.—Des litanies, des prières particulières furent récitées pendant la célébration de l'office divin, des sermons prêchés en plein air pour engager les pécheurs à réformer leur conduite. Les évêques, le clergé portèrent d'église en église les objets sacrés, suivis d'un grand concours d'hommes et de femmes qui pour la plupart étaient pieds nus et se prosternaient devant le Seigneur en pleurant et en gémissant.» Chronique de Charles VI, t. II, p. 693-695.
[688] Grez sur Loing, cant. de Nemours, arr. de Fontainebleau, dép. de Seine-et-Marne.
[689] Arch. Nat. KK 45, fº 48 rº.
[690] Ibid.
[691] Arch. Nat. KK 45, fº 48 rº.—Maule sur Mandre, cant. de Meulan, arr. de Versailles, dép. de Seine-et-Oise.