[87] Ibid. Cf., Riezler, Geschichte Baierns, t. III, p. 127.
Après s'être emparée de Bergues[88], l'armée du Roi vint mettre le siège devant Bourbourg[89] où s'étaient retirés les Anglais. Pendant les loisirs que leur laissait l'attente de l'assaut[90] ou de la capitulation, la plupart des chefs vivaient en joie et en liesse; rivalisant de luxe, ils se recevaient les uns les autres magnifiquement[91]. Frédéric, déjà fameux par sa bravoure, se faisait encore remarquer par la politesse de ses mœurs et la sagacité de ses propos. Les oncles du Roi le recherchaient, et, un jour que lui parlant des anciennes relations de la France et de la Bavière, ils rappelaient qu'autrefois ceux de sa Maison étaient toujours du Conseil du Roi, ils lui demandèrent s'il n'avait pas une fille à marier. Frédéric répondit que non, mais que son frère aîné Etienne en avait une belle.—«Et de quel âge?—Entre treize et quatorze ans[92].»—Les oncles tombèrent d'accord que c'était précisément là ce qu'ils désiraient pour leur neveu qui voyait volontiers toutes les belles femmes et les aimait. Il fut donc convenu que des propositions seraient transmises à Etienne III, par Frédéric lui-même, au nom des ducs français, et que la jeune fille serait amenée en pèlerinage à Saint-Jean d'Amiens, où elle se rencontrerait avec le Roi qui ne serait prévenu qu'au dernier moment. Alors la beauté d'Elisabeth, le cœur inflammable du prince concluraient, sans doute, ce que la politique venait de préparer[93].
[88] Le 7 septembre.—Bergues, ch.-l.-de cant., arr. de Dunkerque, dép. du Nord.
[89] Bourbourg, ch.-l. de canton, arr. de Dunkerque, dép. du Nord.
[90] Cf. E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur dans la Coll. des Doc. Ined. sur l'Histoire de France (Paris, 1888, in-4º). Itinéraire de Charles VI: p. 160.
Samedi 12 septembre aux champs devant Bourbourg
Dimanche 13 — aux tentes — —
Lundi 14 — — — —
Mardi 15 — à l'ost — —
Mercredi 16 au samedi 19 aux champs —
E. Petit, Séjour de Charles VI, 1380-1400. (Paris, 1880, plaqu. in-8º).
[91] Froissart.., liv. II, ch. CCXI, t. VIII, p. 450.
[92] Froissart.., liv. II, chap. CCXXVI, t. IX, p. 94 et 95.
[93] M. Jarry, dans sa Vie politique de Louis d'Orléans, (Paris, 1886, in-8º), p. 21, a fait remonter à l'année 1381 le premier projet de mariage; mais l'ambassade de Guillaume Mauvinet et d'Ancel de Salins, auprès du duc de Brabant et du duc Albert de Bavière-Hollande, qu'il signale comme chargée à cette date d'engager des pourparlers, n'eut lieu que le 23 septembre 1383. Bibl. Nat., pièces orig., Mauvinet, nº 8.—Le 30 mai 1383, Colart de Tanques, premier écuyer de Charles VI, avait été envoyé auprès de ces princes, mais les relations suivies de la France avec les Maisons de Brabant et de Bavière-Hollande et les projets de l'expédition contre les Anglais suffisent à expliquer cette mission. Arch. Nat. K. 53A, pièce 21.