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«Et meismement en raconte

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«L'abbé de Chierchamp[969] en ung conte

«Et aultres que ne dy espoir[970]

[969] Probablement l'auteur d'un pamphlet qui n'est pas parvenu jusqu'à nous.

[970] Le Pastoralet, vers 8832-8840... p. 843-844.

A partir de 1420, les Anglais exploitèrent, pendant de longues années, le souvenir des bruits qui avaient circulé sur l'adultère de la Reine; «Cil qui se dit dauphin», disaient-ils, en parlant de Charles né en 1403, et, par ces mots, ils entendaient que le jeune prince «n'estoit pas légitime, et par ce moyen inhabile à succéder à la couronne de France[971]». Certes, ce témoignage paraît suspect au premier chef, puisqu'il émane d'ennemis intéressés; il mérite pourtant qu'on s'y arrête, car il évoque le souvenir des doutes angoissants de Charles VII se demandant «s'il était vrai fils du Roi de France».

[971] Jean Chartier, Histoire de Charles VII roi de France (éd. Vallet de Viriville. Paris, 1858. 3 vol. in-18º) t. I, p. 209-210.

«Sire, n'avez-vous pas bien en mémoire que le jour de la Toussaint dernière, vous estant en votre oratoire tout seul, la première requeste que vous feiste à Dieu fut que vous priastes que se vous n'estiez vray héritier du royaume de France vous oster le courage de le poursuivre?[972]» C'est en ces termes que l'abréviateur du Procès de Jeanne d'Arc rapporte l'entretien de la Pucelle avec le Roi, en mai 1429; et il dit tenir son renseignement «de grans personnages qui l'ont veu en chronique bien autentique».