[355] Marie de France, deuxième fille de Jean II, mariée au duc Robert de Bar. Gallia Christiana, t. V, p. 512-513.
[356] Jeanne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne, fille unique de Jean II, comte d'Auvergne et d'Eleonor de Comminges (le Père Anselme, Histoire généalogique..., t. I, p. 108).
Le dimanche, dans la matinée, la reine Blanche et la duchesse d'Orléans quittent Saint-Denis, sous brillante escorte; ces dames ne feront pas partie du cortège: elles se rendent à Paris, pour rejoindre le Roi au Palais, et y préparer la réception d'Isabeau.
A midi, la Reine sort de l'Abbaye, en chappe de velours azur semée de fleurs de lys d'or[357]; elle monte dans sa litière couverte et bien ornée que traîne un superbe attelage, pendant que les dames, derrière elle, se placent dans des chars peints et dorés; à leurs côtés, à cheval, se tiennent: les ducs de Touraine, de Bourbon[358], de Berry, de Bourgogne, escortés à quelque distance, par les seigneurs français.
[357] Le manteau des femmes, en 1389, était une chape close, de beaucoup d'ampleur ressemblant au manteau des béguines. Voy. Quicherat, Histoire du costume, p. 258.—La chape que portait la Reine avait été achetée à Valentine de Milan pour 480 livres parisis. C'était sans doute un manteau d'un travail remarquable, fabriqué en Italie et que la duchesse de Touraine avait revêtu le jour de son mariage. Arch. Nat. KK 20, fº 10 vº.
[358] Louis II duc de Bourbon, comte de Clermont, de Forez etc., fils de Pierre I de Bourbon et d'Isabelle de Valois, sœur du roi Philippe VI, était né en 1337. Huit ans prisonnier en Angleterre après la bataille de Poitiers, il combattit ensuite contre les Anglais et les Navarrais sous le règne de Charles V son beau-frère. Devenu l'un des tuteurs de Charles VI, il se désintéressa de la politique intérieure, pour se consacrer à la conduite des expéditions militaires. En 1385, lors du mariage d'Isabeau, il faisait campagne en Poitou contre les Anglais.—Jean, comte de Clermont, son fils, était né en 1380 de son mariage avec Anne, dauphine d'Auvergne, comtesse de Forez. (Le Père Anselme..., t. I, p. 302-303.)
Le cortège se met en marche. Une première fois, auprès de la chapelle Saint-Quentin[359], un groupe de cavaliers barre la route: deux seigneurs s'en détachent et s'approchent d'Isabeau: c'est le duc de Lorraine[360] et Guillaume d'Ostrevant, comte de Hainaut qui demandent la permission de présenter les seigneurs étrangers. Un peu plus loin, deux masses, l'une verte, l'autre rose, qui, à distance, semblent deux taches sous l'éclatant soleil d'août, attirent les regards de la Reine; et, au même moment, ses oreilles sont charmées par les accords d'une musique harmonieuse: d'un côté de la route est une troupe de douze cents cavaliers, riches bourgeois de Paris, tous vêtus de «gonne vert avec baudequin vert et vermeil[361]»; Jean Jouvenel, garde de la prévôté des marchands[362], est à leur tête, il offre les souhaits de bienvenue à la souveraine. De l'autre côté de la route, se tiennent les officiers et les serviteurs de la Maison du Roi, tout habillés de rose, des musiciens sont avec eux; bourgeois et gens du Roi se joignent au cortège. A Saint-Lazare[363], on se forme pour l'entrée dans la ville, les voitures sont découvertes: les Princes mettent pied à terre et se placent dans l'ordre fixé par l'étiquette.
[359] La Chapelle Saint-Quentin était située dans la campagne au sortir de Saint-Denis, à main gauche du chemin qui conduit à Paris.
[360] Jean I, duc de Lorraine, 1346-1391.
[361] Les robes de ces bourgeois avaient la forme de gonnes, c'est-à-dire de robes de moines, étroites de manches et de corps; elles étaient en baudequin, étoffe unie tissée d'or et de soie, et elles étaient parties, c'est-à-dire d'une couleur à droite et d'une autre couleur à gauche. Quicherat, Histoire du Costume, p. 323.