[348] Arch. Nat. KK 20, fº 11.
[349] Bibl. Nat., f. fr. 20706, pièce 24.
Les robes de la comtesse d'Eu, de Mademoiselle d'Harcourt et de quelques autres dames étaient véritablement magnifiques[350]; leur richesse égalait presque celle des costumes du Roi et du duc de Touraine[351]. Mais la merveille des merveilles, c'était la toilette de la Reine: chacune de ses robes, taillée dans une étoffe du plus grand prix, était un chef-d'œuvre dû à l'art du costumier uni à ceux de l'orfèvre et du joaillier.
[350] «Pour les robes de Madame la comtesse d'Eu, de Mademoiselle d'Harcourt et autres dames de l'Hôtel et compagnie de la royne..., 1990 liv. 9 deniers parisis.» Arch. Nat., KK 20, fº 112. Autres mentions sur les étoffes de ces toilettes dans le même compte; Ibid.
[351] «Draps de soie, veloux, laine pour robes, pourpoins et autres habis pour le roi et le duc de Touraine..., 5847 liv. par.» Arch. Nat. KK 20, fº 10 rº.
Quand il s'agit de régler la composition et l'ordre du cortège d'Isabeau, on consulta la gardienne des plus nobles traditions, la reine Blanche, veuve de Philippe VI. Celle-ci quitta sa retraite de Neauphle[352], pour donner son avis sur le cérémonial qui devait être observé. A sa demande, les livres déposés à Saint-Denis, traitant du sacre des rois et des reines, furent compulsés; mais Charles VI, jugeant trop simples ces anciennes coutumes, ordonna de faire plus grand qu'on n'avait jamais fait[353]; il voulait pour le sacre de sa femme, une mise en scène jusqu'alors inusitée; grâce au concours des Parisiens, ses vœux furent comblés[354].
[352] Neauphle-le-Château, canton de Montfort-l'Amaury, arr. de Rambouillet, dép. de Seine-et-Oise.
[353] Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 609.
[354] Pour les fêtes de l'entrée de la Reine à Paris les principales sources sont: Froissart, Chroniques..., liv. IV, ch. I, (éd. Buchon, t. XII, p. 7-31).—Religieux de Saint-Denis, Chronique de Charles VI, t. I, p. 611-617.—Juvénal des Ursins, Histoire de Charles VI (éd. Godefroy) p. 71-73.—Guill. Cousinot, Geste des Nobles, p. 107.—Arch. Nat. KK 20, fº 6-76 et 99-111; Registres du Parlement, X1a 1474, fº 326 rº.—E. Petit, Itinéraire des ducs de Bourgogne..., p. 213 et 529-530.—H. Legrand, Paris en 1380, (plan de restitution, dans la Coll. Doc. Hist. Gén. de Paris, Paris, 1868, in-4º).
Le vendredi 20 août, la Reine, venant de Melun, arrivait à Saint-Denis; le 21, elle y était rejointe par les dames du sang royal: la Reine Blanche, la duchesse d'Orléans et la duchesse de Bar[355], représentant les anciennes générations; par la duchesse de Bourgogne et tout un groupe de toutes jeunes femmes: la duchesse de Touraine, la duchesse de Berry, presque une enfant, mariée depuis deux mois au vieux duc[356], et Marguerite de Hainaut, comtesse de Nevers, etc.