PRÉFACE

Jour par jour, de la vie une nouvelle page,
Enfants, va s’ouvrir à vos yeux;
Autour de ses feuillets riants ou sérieux
Les bals, les chants d’oiseaux feront bien du tapage.

Lisez, lisez toujours, et méditez tout bas
Cette vie, aux cœurs purs rarement infidèle;
Car tous ceux qui se plaignent d’elle
Sont ceux qui ne l’entendent pas.

L’ÉCOLIER

Un tout petit enfant s’en allait à l’école.
On avait dit: «Allez!...» Il tâchait d’obéir;
Mais son livre était lourd, il ne pouvait courir;
Il pleure, et suit des yeux une abeille qui vole.

«Abeille, lui dit-il, voulez-vous me parler?
Moi, je vais à l’école: il faut apprendre à lire;
Mais le maître est tout noir, et je n’ose pas rire:
Voulez-vous rire, abeille, et m’apprendre à voler?
—Non, dit-elle, j’arrive et je suis très pressée.
J’avais froid; l’aquilon m’a longtemps oppressée;
Enfin j’ai vu les fleurs; je redescends du ciel,
Et je vais commencer mon doux rayon de miel.
Voyez! j’en ai déjà puisé dans quatre roses;
Avant une heure encor nous en aurons d’écloses;


Vite, vite à la ruche! On ne rit pas toujours;
C’est pour faire le miel qu’on nous rend les beaux jours.»