Ses petits pieds doucement se raidirent;

Et sa soeur gémissante eut peine à s'envoler.

Ce tableau d'un long deuil accabla sa mémoire;

Elle fut toujours triste; et jamais, dit l'histoire,

Même au sein du travail ne put se consoler.

LE CHIEN AVOCAT

J'ai connu un garçon que je ne nommerai pas. Il se reconnaîtra peut-être en lisant son histoire; mais je ne ferai pas semblant de savoir que c'est lui, il ne faut jamais nommer ceux dont on ne peut dire du bien.

Il avait un chien, ce garçon, un bon chien, qui ne sautait pas sur le monde, qui ne montrait pas les dents aux enfants ou aux pauvres, comme tant de chiens d'une mauvaise nature, et qu'il faut se garder de provoquer. Celui-là aboyait et préservait par une vigilance active, la maison de l'attaque des voleurs. Il allait avec son petit maître, dès que celui-ci appelait: Facteur! Facteur! De plus, il s'asseyait sur ces jambes de derrière, levait le menton, caressait de ses pattes libres et souples; il relevait une canne, des gants avec beaucoup de délicatesse, et faisait mille tours réjouissants qui l'auraient fait aimer de tout le monde. Et ce méchant garçon battait le pauvre Facteur! il le faisait pirouetter et hurler à vous fendre le coeur. Un jour, il alla jusqu'à suspendre une pierre à la queue du bon animal, le fouettant pour le faire courir avec ce poids douloureux qui le blessait jusqu'au sang. Aussi, Facteur, malgré sa tendresse et sa soumission, lui lançait des regards pleins de reproche et de ressentiment.

Un homme vit cette cruauté de l'enfant qu'il saisit, lui et son fouet, avec son bras vigoureux et vengeur. Il pendit la pierre aux cheveux du méchant maître de Facteur, et le fouetta pour le faire courir à son tour.