Il dit pourtant un jour adieu à ces belles scènes changeantes; mais adieu, comme le soleil qui dit: «Je reviendrai.» Il revint douze ans après, tout rayonnant d'instruction, d'expérience, de lumière et de gloire. Tout le village, en tressaillant d'aise, courut au devant d'Hilaire, le petit berger! avec de gros bouquets et des couronnes.
Il mangea de la galette délicieuse dans beaucoup de chaumières, où il pleura de retrouver ses postures soigneusement gardées sur les murailles. Tout le monde n'est pas peintre au village, mais presque tout le monde y est bon. L'on s'y rassemblait souvent autour de M, le curé, pour l'entendre lire, dans l'écriture d'Hilaire, tout ce qu'il écrivait de si amical qu'on s'essuyait les yeux, parce qu'il ne finissait pas une de ses lettres sans dire: J'embrasse mon village, et je tâcherai de lui faire honneur! Alors M. le curé embrassait tout le monde. On pouvait bien dire qu'après Dieu, il avait fait un peintre célèbre d'un berger, en lui donnant des protecteurs et des conseils éclairés.
Aussi M. le curé montre-t-il une chambre toute pleine des couronnes d'Hilaire: le berger-peintre les lui a toutes données avec son portrait aux pieds nus, recevant du saint homme son premier livre et ses premiers souliers!
LE COUCHER D'UN PETIT GARÇON.
Couchez-vous, petit Paul! il pleut. C'est nuit: c'est l'heure.
Les loups sont au rempart. Le chien vient d'aboyer.
La cloche a dit: «Dormez!» et l'ange gardien pleure,
Quand les enfants si tard font du bruit au foyer.
«Je ne veux pas toujours aller dormir; et j'aime