Chacun regagnait sa chambre... Marie, déshabillée, faisait sa prière, à genoux sur le carreau; elle demandait à Dieu la force de faire son devoir, et surtout la grâce de le connaître... L’insoluble problème la sollicitait... Couchée, elle ne dormait pas. Une fièvre brûlait ses veines... Elle essayait de lire. Son esprit s’évaguait toujours. Alors, elle se mettait à la fenêtre; elle appuyait au fer du balconnet ses paumes et sa joue brûlantes... Ses larmes coulaient. Elle appelait: «Claude!... mon cher amour, mon seul amour!...»

Au bout du jardin, la porte entr’ouverte de l’atelier irradiait une lueur rougeâtre qui s’éteignait tout à coup.

XIX

M. Wallers réclamait vainement son collaborateur. Il envoyait des lettres comminatoires qui faisaient pleurer madame Van Coppenolle et blasphémer Angelo di Toma. La nuit, dans la chambre voûtée, les deux amants cherchaient ensemble le moyen de prolonger leur lune de miel, en bernant l’archéologue...

—Reviens à Pompéi! disait Angelo. N’es-tu pas libre?

—Marie veut rester à Ravello.

—Qu’elle y reste!

—Mon départ lui donnera des soupçons... Elle nous rejoindra. Et que ferons-nous, dans cette auberge de la Lune où chacun épie son voisin? où les portes ne ferment pas, où les cloisons sont si minces qu’on entend, d’une chambre à l’autre, voler les mouches?

Angelo s’irritait:

—Comme tu as peur d’être compromise! Si tu m’aimais passionnément, tu serais plus brave. Moi, j’irais te retrouver dans ta maison, jusque dans ton alcôve.