—Tant pis! Ce serait bien amusant que vous fissiez des folies!... Emmenez-moi. Je vous jure que personne ne saura rien.

Mais Wallers, avec une terreur comique, déclara qu’il ne se chargerait pas d’Isabelle.

Vers onze heures, le vieux Meurisse dit à Claude qu’ils pourraient bien reconduire M. di Toma jusqu’à son hôtel.

Le descendant des Atranelli n’avait aucune envie de se retirer. La politesse l’obligea pourtant d’accepter la compagnie du filateur et de Claude. Ce furent des adieux touchants. Angelo n’embrassa pas M. Wallers, mais il lui répéta qu’il le considérait «comme un second père». Il dit aussi à madame Wallers que la signora di Toma lui serait à jamais reconnaissante d’avoir accueilli son enfant. Jamais orphelin, quittant sa famille adoptive pour une expédition dangereuse, ne fut plus ému qu’Angelo. Pourtant, il devait rester un jour encore à Pont-sur-Deule afin de visiter Sainte-Ursule, l’hôtel de ville et le petit musée municipal.

Il baisa la main de l’«Infante» qu’il avait fort peu regardée, et lui exprima son immense plaisir de lui montrer bientôt la belle Naples. Et il insinua que madame Van Coppenolle serait aussi la bienvenue.

—Ma mère vous recevra toutes deux comme ses propres filles et vous aurez des chambres superbes, sur le golfe et sur le Vésuve. Je vous promènerai partout, je vous ferai voir des choses extraordinaires, la Naples que les étrangers ne connaissent pas. Et nous irons à Pompéi, à Salerne, à Ravello... Ah! Ravello, quelle beauté! Notre palais a encore un petit cloître plein de roses et de citronniers dont le parfum seul est une sympathie!...

—Eh bien, dit Isabelle, avec un soupir, vous réserverez vos chambres, votre palais et vos citronniers pour Marie. Moi, je rentre à Courtrai et je vous souhaite un bon voyage, car je ne vous reverrai plus.

Claude et Marie parlaient tout bas, au seuil de la porte, et l’on entendait Meurisse et Wallers qui riaient dans le vestibule.

Angelo murmura:

—Qu’est-ce qui vous rappelle à Courtrai?