—J’irai vous chercher.
—Je refuserai de vous suivre.
—La loi est pour moi.
—Je me moque de la loi... Nous divorcerons. Je ne demande qu’à divorcer.
Ma belle-mère poussa des gémissements plaintifs.
—Jamais on n’a divorcé dans la famille Van Coppenolle...
—Tout arrive.
—Votre cousine Marie...
—Nous ne sommes pas faites du même bois... Et plût à Dieu que j’eusse épousé André Laubespin! Je me fusse mieux accommodée de ses vices que de vos vertus... D’abord, si l’on me pousse à bout, je me passerai du divorce... Je me ferai enlever!... J’entrerai au théâtre!... On lira le nom de Van Coppenolle sur des affiches!...
Je parlais, je criais, je pleurais, et l’horrible salon bleu tremblait, des boiseries au lustre. Frédéric ferma les portes, baissa les stores... «Êtes-vous folle! si l’on vous voyait!...» Il était blême et je crus qu’il allait me battre... Mais, hélas! il se contint... Cependant, mon affreuse belle-mère prenait le parti de s’évanouir. Je la laissai aux soins de son fils et je montai dans ma chambre.