Le soir, mon mari se présenta, tranquille et dur. Il me déclara que sa mère refusait de me garder à Courtrai en son absence. Je répondis que j’étais chez moi et que je refusais, moi, de garder madame Van Coppenolle.

—Jamais ma mère ne quittera cette maison qu’elle gouverne pour le bien de tous, puisque vous êtes incapable de diriger votre ménage, d’élever vos enfants...

—Alors, je partirai... Je vous accompagnerai en Amérique. C’est mon droit. La loi que vous invoquez m’oblige à vous suivre et vous oblige à me recevoir!

Frédéric n’avait pas prévu cette proposition. Il sembla déconcerté, mais il se reprit tout de suite.

—Je ne ferai pas un voyage d’agrément, ma chère amie... (Il se radoucissait.) Vous vous ennuieriez et vous me gêneriez beaucoup... Pour tout concilier, ne seriez-vous pas heureuse de passer quelques semaines en Italie, auprès de votre oncle Wallers et de votre cousine? Ils auraient soin de vous et vous n’en recevriez que de bons conseils et de bons exemples...

Je n’en croyais pas mes oreilles...

—C’est sérieux?

—Très sérieux!...

Je perdis la tête!... Je battis des mains!... Je faillis danser de joie...

—Oh! Didi! que tu es gentil!