Il ne viendrait pas.

Et s’il revenait, pourtant, que ferait Josanne?

Elle-même n’en savait rien. Il y avait en elle deux femmes: celle «d’en haut», la fière, la vaillante, la «rebelle», qui voulait se libérer, guérir et vivre dans sa chaste solitude,—et l’autre, l’inférieure, l’asservie, qui conservait encore, dans son sang et dans ses nerfs, le poison ancien, le besoin des larmes et des caresses, le goût morbide de la souffrance d’amour...

Cependant le groom avait rouvert la porte:

—Madame Valentin!... C’est le monsieur qui attend... Il dit qu’il va s’en aller, et il m’a donné sa carte pour madame.

Josanne prit le petit rectangle de carton.

—Ah!... Je viens... oui... Je viens tout de suite.

Mais elle ne bougeait pas. Des ombres et des rayons, tour à tour, passaient dans ses prunelles profondes. La vieille fille, la voyant émue, songeait:

«Qu’a-t-elle?...»

Josanne jeta un coup d’œil sur la glace, arrangea ses cheveux, tira sa blouse dans sa ceinture, et, tout irrésolue: