—Ça me paraissait tout simple de venir, de vous parler... Et voilà! Je suis intimidé! Je suis gauche et ridicule... J’ai envie de vous remercier, de m’excuser, de m’en aller... Une autre fois j’aurai plus de chance et vous aurez une meilleure opinion de moi.
Josanne rit, d’un rire gai, qui lui fit un visage enfantin.
—Eh bien, monsieur, je vais vous rassurer: asseyez-vous d’abord... là!... Moi aussi, je suis intimidée... horriblement... N’est-ce pas, quand on se connaît sans se connaître...
—On se crée des images...
—Qui ne ressemblent pas à la réalité!...
—Pas du tout...
Il rit, comme elle, et ni l’un ni l’autre n’osa dire quelle image il s’était faite «qui ne ressemblait pas à la réalité!»
Josanne s’assit à sa table, prit à pleines mains des papiers qu’elle éparpilla. M. Delysle lui demanda si elle travaillait beaucoup, si elle était contente. Et il ajouta:
—J’ai lu vos articles... Quelques-uns m’ont paru très jolis.
Comme il ne disait pas: «Ils sont tous jolis», elle le sentit sincère, et fut très flattée de ce demi-compliment.