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XVII

Foucart, revenu de Nice, entra, un jour, dans le bureau de Josanne pour lui demander un renseignement. Et, comme il était de bonne humeur, il dit:

—Vous êtes en progrès, ma petite Valentin. Je suis content de vous. Égayez encore votre style, et ça ira tout à fait bien...

—J’essaierai, monsieur.

—Et puis soignez-vous... Vous pâlissez, vous maigrissez, depuis quelque temps. Et ça n’embellit personne, de pâlir et de maigrir! Moi, en tout bien tout honneur, je suis navré de voir maigrir une jolie femme... D’abord, ça l’abîme, et puis ça prouve qu’elle a du chagrin.

—J’ai eu des chagrins, monsieur, vous le savez, répondit doucement Josanne.

Elle ne s’offensait pas des propos un peu familiers du «patron», car elle était, avec madame Bure, la dessinatrice, la seule femme qu’il tînt en réelle estime et qu’il eût prise en amitié.

La petite Bure, une blondinette très élégante, avait un grand diable de mari dont elle était fort amoureuse, et cette passion conjugale divertissait beaucoup monsieur Foucart. Mais il avait une préférence pour Josanne, dont il admirait et déplorait la vertu... il disait parfois à Flory:

—La voilà veuve, maintenant, cette petite Valentin!... Que fera-t-elle?... Elle ne va pas rester seule comme ça!... Ce serait dommage.