Josanne répondit gravement:
—Très belle...
Une grande émotion lui venait... Et pour la dominer, cette émotion qui lui mettait une chaleur inconnue dans la poitrine et des larmes dans les yeux, elle se détourna. Alors elle vit que Noël avait posé sur la table un livre et sur le livre un bouquet: des violettes de Parme, doubles et pressées, d’un mauve presque gris dans leurs feuilles tendres, les dernières de la saison. N’avait-elle pas dit, une fois, devant Noël, qu’entre toutes les fleurs elle préférait les violettes?
—Et je ne vous ai pas remercié!... Comme vous êtes aimable de penser à moi!
Et d’une voix un peu basse, plus douce, elle ajouta:
—Il n’y a que vous...
—Je l’espère bien! dit-il. Je suis très exclusif. Je voudrais être votre meilleur ami, votre seul ami... C’est de l’égoïsme, peut-être... Maintenant, regardez le livre, un très beau livre que vous n’avez pas lu, je le sais, et que vous lirez, dès ce soir, et que vous aimerez comme je l’aime...
—C’est Dominique? Vous me le prêtez?
—Je ne vous le prête pas, je vous le donne, en souvenir de ma première visite chez vous... J’ai inscrit la date, sur la feuille de garde: «25 mars 19...»... Et je vous ferai ainsi, de temps à autre, la surprise de quelque beau livre inconnu... C’est mon droit d’ami, mon privilège! Et je vous révélerai beaucoup, beaucoup de choses qui enchanteront vos yeux et votre cœur...
—Mon Dieu! fit Josanne, vous me gâterez!... Je n’y suis pas habituée, et cela me déconcerte encore... Une amitié si charmante, si belle! Vous croyez que cela peut durer, que je ne vous ennuierai pas?... Comment?... Cela vous paraît tout simple?... Pas à moi... Qui m’eût dit, il y a un an...