Jeudi soir.
«J’ai voulu vous écrire, cette nuit, après avoir lu votre lettre. Je n’ai rien trouvé à vous dire que ces mots... Et je les trace encore, sur cette page, parce qu’ils contiennent tout, parce qu’ils expriment tout, ce que vous savez, ce que vous ne savez pas, tout: ma pensée, mon désir, mon rêve, ma gratitude, ma tendresse, tout!...
»Mon amie, mon unique amie!...
»Si vous les comprenez, ces mots, que j’écris d’une main tremblante, avec un voile sur les yeux, ne me laissez pas seul plus longtemps, abrégez l’attente et l’épreuve. Venez, mon amie, mon unique amie! Je suis triste et je vous attends...
»NOEL.»
Josanne ne voulut pas réfléchir... Elle mit son chapeau, courut à la poste voisine et télégraphia:
«J’arriverai demain, six heures.
»JOSANNE.»
En même temps, elle prévenait la Tourette et, revenue à la maison, commençait de faire sa malle. Quand mademoiselle Miracle rentra, Josanne dit qu’une lettre de Foucart la rappelait, et elle acheva ses préparatifs, malgré les «oh!» et les «hélas!» de la tante.
Après dîner, pour consoler un peu la bonne vieille fille, qui avait une grosse envie de pleurer, Josanne lui proposa de l’accompagner au mois de Marie.